Dossier : biberons et tétines stérilisés
à l'oxyde d'éthylène
A la suite du constat en novembre 2011, de
l’utilisation dans certains établissements hospitaliers
de biberons stérilisés à l’oxyde d’éthylène,
la Direction générale de la santé, a saisi
le Haut Conseil de Santé Publique (HCSP), l’Agence
française de sécurité sanitaire des produits
de santé (AFSSAPS) et l’Agence nationale de sécurité
sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et
du travail (ANSES).
Cette page vous permettra d'avoir accès à tous les
documents officiels sur le sujet depuis novembre 2011 en cliquant
dans la liste ci-dessous :
classement par ordre chronologique du plus récent au plus
ancien
13 avril 2012
Synthèse
des avis du HCSP, AFSSAPS et ANSES Ministère de la santé
13 avril 2012
Avis de
l'Agence Française de Sécurité Sanitaire
des Produits de Santé
13
avril 2012
Questions-réponses
: biberons, tétines et téterelles stérilisés
à l’oxyde d’éthylène Agence
Française de Sécurité Sanitaire des Produits
de Santé
Utilisation
de biberons en établissements de santé :
conclusions et mesures à prendre
Communiqué de presse de la Direction Générale
de la Santé :
Lire
ci-contre : la synthèse de la DGS, les Questions-réponses
de l'Afssaps, l'Avis de l'Afssaps
A la suite du constat en
novembre 2011, de l’utilisation dans certains établissements
hospitaliers de biberons stérilisés à
l’oxyde d’éthylène *1 (OE), la Direction
générale de la santé (DGS) a saisi le
Haut Conseil de Santé Publique (HCSP), l’Agence
française de sécurité sanitaire des produits
de santé (AFSSAPS) et l’Agence nationale de sécurité
sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail
(ANSES), dans le cadre de leurs domaines d’expertise
respectifs. Les agences ont ainsi produit des rapports complémentaires,
permettant de tirer les conclusions suivantes :
Quels biberons pour quels nourrissons
?
- Pour les nouveau-nés
à terme et ne souffrant d’aucune pathologie,
tous les biberons, tétines et nourettes, à
usage unique ou non, répondant aux conditions d’asepsie
requises pour un nouveau-né, peuvent être utilisés
selon les habitudes de la maternité.
En conséquence, les biberons stérilisés
à l’oxyde d’éthylène n’ont
pas à être utilisés.
- Pour les nouveau-nés pris en charge en service
de néonatologie (prématurés), ainsi
que les nourrissons souffrant de pathologies graves, les
biberons ainsi que les dispositifs utilisés pour
l’administration de certains médicaments et
le stockage de lait maternel, doivent être microbiologiquement
propres, selon les critères définis par le
HSCP *2.
Selon les contacts établis avec les différents
industriels, il apparaît que les processus autres
que la stérilisation à l'oxyde d'éthylène
ne peuvent, à ce jour, permettre d’atteindre
ces critères microbiologiques.
Une instruction en ce sens sera transmise aux agences régionales
de santé (ARS), afin que ces dispositions soient
respectées pour l’achat et l’utilisation
des biberons et tétines en établissements
de santé.
Quelle est l’exposition des nourrissons
à l’oxyde d’éthylène ?
- Des analyses ont
été réalisées sur les biberons
et tétines prélevés chez le fabricant
et dans les établissements de santé. Les résidus
d’oxyde d’éthylène sont indétectables
dans tous les objets prélevés en établissements
de soins à l’exception d’une tétine
pour laquelle l’OE est à la limite de quantification.
Si plusieurs dosages chez les industriels ont fait apparaitre
des quantités résiduelles d’oxyde d’éthylène,
ceux-ci sont d’autant plus faibles que l’on
s’éloigne de la date de stérilisation
et, en tout état de cause, avant livraison en établissement
de santé.
- Ainsi, bien que le nombre limité de résultats
(85 ensembles « tétines+biberons » ont
été analysés) rende difficile la caractérisation
de l’exposition, les mesures effectuées en
établissements de soins ne mettent pas en évidence
d’excès de risque *3 chez les nourrissons et
prématurés nourris à l’hôpital
à l’aide de biberons stérilisés
à l’oxyde d’éthylène.
Quelles mesures
pour encadrer les conditions de mise sur le marché
des biberons stérilisés à l’oxyde
d’éthylène ?
La DGS demande
à l’Afssaps :
- d’établir avec les industriels les conditions
de désorption et d’analyse des quantités
résiduelles d’OE garantissant une valeur limite
en quantité résiduelle d’OE, avant libération
des lots et livraison aux établissements de santé,
- de réaliser des campagnes de contrôle au
niveau des fabricants et des établissements de santé,
afin de vérifier la mise en oeuvre effective de ces
mesures.
La DGS demande
aussi aux ARS :
- de veiller à l’application des recommandations
de restriction d’utilisation des biberons et tétines
stérilisés à l’oxyde d’éthylène.
Enfin, l'Inspection
générale des affaires sociales remettra très
prochainement aux ministres les conclusions de son travail
sur l'analyse et le respect de la réglementation existante,
ainsi que sur l'état des lieux des approvisionnements
des établissements de santé à la mi-novembre
2011.
*1 - La stérilisation
à l’oxyde d’éthylène(OE)
est largement utilisée pour les dispositifs médicaux,
selon un protocole comportant une étape de traitement
à l’OE gazeux, suivie d’une phase de désorption
en chambre pour favoriser l’élimination du produit
*2 - Critères microbiologiquement propre : absence
de micro-organismes potentiellement pathogènes (Bacillus
cereus, anaérobies sporulés, entérobactéries,
Pseudomonas aeruginosa, Staphylococcus aureus) et maîtrise
de la flore totale (absence de moisissures et levures totales
et seuil cible à moins de 1 UFC / 100 mL pour la flore
totale ou « flore aérobie revivifiable : FAR
» ou « germes aérobies totaux : DGAT »).
* 3 - Autres que potentiels, tels que quantifiés dans
l’avis de l’Anses, liés à la traduction
en excès de risques de teneurs résiduelles hypothétiquement
présentes à un niveau juste en dessous de la
limite de détection.
12 décembre
2011
Réponse du Haut
Conseil de la santé publique à la Direction Générale
de la Santé
Réponse du Haut Conseil de la santé
publique
à la Direction Générale de la Santé
Monsieur le Directeur Général,
Dans son avis du 2 décembre 2011, le HCSP recommande
de demander aux industriels proposant des biberons et tétines
ayant bénéficié d’un traitement
destiné à les sécuriser sur le plan infectieux,
d’apporter la preuve de l’absence de micro-organismes
potentiellement pathogènes et de la maîtrise
de la flore totale (par dénombrement des germes aérobies
totaux et dénombrement des moisissures/levures totales).
Le dénombrement de la flore totale (que l’on
retrouve aussi souvent sous le vocable « flore aérobie
revivifiable : FAR » ou « des germes aérobies
totaux : DGAT »), est un indicateur de bonnes pratiques
dans le processus de mise à disposition de ces produits
tandis que le dénombrement des levures et moisissures
totales (DMLT) est un indicateur d’une éventuelle
contamination environnementale non maitrisée.
L’objectif de cette recommandation du HCSP est de ne
pas ajouter de la contamination du contenant à celle
potentielle du contenu, dont nous rappelons qu’il n’est
pas stérile (lait maternel ou préparations pour
nourrissons). Dans un souci de réponse urgente, nous
nous sommes basés sur une possibilité de référence
aux limites fixées pour l'eau bactériologiquement
maîtrisée retenues par le guide « Surveillance
microbiologique de l’environnement dans les établissements
de santé : Air, Eaux, Surfaces » porté
par la DGS, la DHOS et le CTIN en 2002 qui fixe des seuils
cibles pour les eaux bactériologiquement maîtrisées
à moins de 1 UFC / 100 mL pour la FAR. L’objectif
sur les moisissures et levures totales nous semble devoir
être de zéro, témoin d’une maîtrise
du risque environnemental au cours du processus de fabrication
de ces matériels. Ces cibles pourraient parfaitement
être extrapolées à l’alimentation
de nouveau-nés et nourrissons hospitalisés,
correspondant à l’apport maximal en micro-organismes
apportés par le contenant.
Sans qu’il existe de définition du « microbiologiquement
propre », il existe des DM propres (et non pas stériles)
pour lesquels les fabricants réalisent des tests par
lot. Si une unité d’un de ces lots est retrouvée
positive (en FAR), cela estime le risque à 1 / x dispositifs,
où x est la taille du lot. Ce mode de réflexion
pourrait, dans une expertise hors du cadre de l’urgence
actuelle, être un élément de réponse
quant à la garantie de la sécurité infectieuse
de ces matériels. Une telle expertise, qui n’est
pas de la stricte compétence du HCSP, pourrait alors
impliquer les industriels et sous l’autorité
de l’AFSSaPS ou des organismes en charge de l’élaboration
de normes, conduire à une recommandation ou à
une nouvelle norme.
Je reste à votre
disposition et vous prie de croire, Monsieur le Directeur
Général, à l’assurance de ma considération
distinguée.
*8 Pour les nourrissons hospitalisés,
l’Afssa recommandait en 2005 {référence
2] de ne pas utiliser d’eau du réseau de distribution,
mais de privilégier l’eau embouteillée
voire de l’eau bactériologiquement maîtrisée.
*12 Articles L. 5231-2 et R.
5231-1 du code de la santé publique.
*13 Carlos Sánchez-Carrillo,
Belén Padilla, Mercedes Marín et al. Contaminated
feeding bottles: The source of an outbreak of Pseudomonas
aeruginosa infections in a neonatal intensive care unit. Am
J Infect Control 2009, 37:150-4.
*14 Renfrew M J, McLoughlin
M, McFadden A. Cleaning and sterilisation of infant feeding
equipment: a systematic review . Public Health Nutrition 2008,11:1188–99.
Définition des indications de
recours indispensable aux biberons et tétines stériles
pour l’alimentation des nouveau-nés et des nourrissons
hospitalisés
Le Haut Conseil
de la santé publique (HCSP) a été saisi
par la direction générale de la santé
le 22 novembre 2011 dans le cadre de la médiatisation
relative à l’utilisation de biberons et de
tétines stérilisés à l’oxyde
d’éthylène, pour définir les
indications formelles de recours indispensable à
de tels dispositifs stériles pour l’alimentation
des nouveau-nés et des nourrissons hospitalisés.
Les recommandations présentées dans cet avis
ont été élaborées par un groupe
de travail spécifique réunissant des experts
du HCSP (commissions spécialisées Sécurité
des patients et Maladies transmissibles), des experts pédiatres,
des néonatologistes, responsables de lactariums et/ou
de biberonneries, des hygiénistes et des spécialistes
de stérilisation. Des contacts ont également
été pris avec plusieurs pédiatres et
hygiénistes en charge de cette situation dans leurs
établissements de santé. Le coordonnateur
du groupe de travail réuni sous l’autorité
de l’Afssa en 2005, ayant produit la recommandation
de « biberons stériles pour les enfants immunodéprimés
» a également été auditionné
par le pilote de ce groupe de travail.
Le HCSP rappelle les conditions
d’alimentation des nouveau-nés et des nourrissons
hospitalisés :
- Si l’alimentation
des nouveau-nés et des nourrissons en communauté
ou crèches de ville repose sur des pratiques qui
ont fait l’objet de recommandations*1,
il n’en est pas complètement de même
en cas d’hospitalisation *2.
Pour les nouveau-nés bien portants ne recevant
pas de lait maternel (directement au sein ou via le lactarium),
des nourettes sont utilisées en routine ; ces dispositifs
stérilisés sans oxyde d’éthylène
n’entrent pas dans le cadre de cet avis.
- Les produits d’alimentation utilisés ne
sont pas stériles au sens strict du terme (probabilité
théorique qu’un micro-organisme viable soit
présent inférieure ou égale à
10-6)*3.
Le lait maternel est soit utilisé cru, soit traité
par un lactarium et alors contrôlé sur le
plan microbiologique avant et après pasteurisation
*4.
Les préparations pour nourrisson et les préparations
de suite sont reconstituées à partir de
poudre non stérile *5,6,7
et d’eau minérale naturelle ou d’eau
de source *8
non stérile, mais répondant aux critères
de qualité de l’avis de l’Afssa de
2003 *9.
Il existe également des formes liquides de ces
préparations qui sont versées secondairement
dans des biberons pour leur administration.
- Les grands prématurés, mais aussi parfois
les nourrissons hospitalisés, sont alimentés
avec des dispositifs spécifiques : sonde oro ou
nasogastrique et seringue à usage unique pour l’administration
de lait maternel ou de préparations pour enfants
de faible poids de naissance, préparées
et conditionnées avant administration en biberons
à usage unique. L’ensemble de ces matériels
(sondes, seringues, …) à usage unique et
stériles utilisés au lactarium, en biberonnerie
ou dans les services sont stérilisés à
l’oxyde d’éthylène. Ce traitement
conduit à une sécurité microbiologique
élevée de ces produits. Des normes précisent
les conditions de réalisation et de validation
de cette technique ainsi que les taux résiduels
maximum admissibles d’oxyde d’éthylène
après désorption *10.
L’instruction ministérielle du 25 novembre
2011 *11
demande de substituer les biberons et tétines traités
par l’oxyde d’éthylène dans
l’attente de l’avis du HCSP.
- Le HCSP rappelle également que le statut des
biberons, tétines et matériels pour l’alimentation
des nourrissons et nouveau-nés répond à
une classification différente des autres dispositifs
médicaux *12.
C’est dans ce cadre que la réglementation
des matériaux et objets au contact des denrées
alimentaires et celle des produits biocides s’appliquent.
Les stratégies
de recours à des biberons et des tétines à
usage unique sécurisés sur le plan infectieux
peuvent dépendre des résultats des évaluations
de risque menées par l’Anses sur le procédé
de stérilisation à l’oxyde d’éthylène.
Il est important de rappeler que l’évolution
de l’utilisation des biberons à usage multiple,
avec des tétines en caoutchouc, le tout stérilisé
en autoclave, vers l’utilisation de biberons et tétines
à usage unique s’est faite pour maîtriser
des contaminations et transmissions de micro-organismes
; cette source de transmission est aussi documentée
*13,14. Un retour
vers ces pratiques n’est pas envisageable.
Enfin, le HCSP remarque que les établissements de
santé vivent actuellement une situation de grande
incertitude ; s’ils ne peuvent utiliser les biberons
actuellement en stock, stérilisés à
l’oxyde d’éthylène, un risque
de pénurie de biberons est très probable à
court terme compte-tenu de la faible offre de solutions
alternatives proposées par les industriels. Le retour
mal maîtrisé vers des solutions de réutilisation
de biberons et tétines, alors à usage multiple,
après un traitement désinfectant ou une stérilisation
par autoclavage, dans ce contexte précipité,
est de nature à faire courir un risque d’erreurs
de processus et/ou de manipulation susceptible de conduire
à la transmission de micro-organismes pathogènes.
Ce risque est d’autant plus important en période
d’épidémies automno-hivernales.
Dans ce contexte, le HCSP n’a
identifié aucune situation clinique pour laquelle
le recours à un biberon et à une tétine
stériles est indispensable, avec la définition
exacte de la stérilité : probabilité
théorique qu’un micro-organisme viable soit
présent inférieure ou égale à
10-6. Cette recommandation s’applique à tous
les enfants hospitalisés, aux nouveau-nés
grands prématurés comme aux nourrissons immunodéprimés,
y compris ceux atteints de déficit immunitaire combiné
sévère (DICS), placés en enceinte dite
stérile de type « bulle ».
Cependant,
le HCSP recommande de :
• recourir à des biberons et tétines
présentant les caractéristiques de sécurité
face au risque infectieux définies ci-dessous et
à usage unique, quelle que soit la stratégie
proposée pour atteindre cette qualité. En
effet, le recours à des biberons et des tétines
réutilisables après traitement n’est
pas recommandé, sauf si cette pratique est déjà
bien établie, organisée, maîtrisée
et évaluée.
• demander aux industriels proposant des biberons
et tétines ayant bénéficié d’un
traitement destiné à les sécuriser
sur le plan infectieux, d’apporter la preuve de l’absence
de micro-organismes potentiellement pathogènes
(Bacillus cereus, anaérobies sporulés, entérobactéries,
Pseudomonas aeruginosa, Staphylococcus aureus) et de
la maîtrise de la flore totale (par dénombrement
des germes aérobies totaux et dénombrement
des moisissures/levures totales), et de garantir l’innocuité
de tels matériels en cohérence avec la réglementation
des matériaux au contact des aliments.
25 novembre 2011
Instruction de la DGS
- DGOS aux directeurs généraux des ARS (pour
information et transmission) et des établissements
de santé (pour exécution) : approvisionnement
biberons, tétines et téterelles
Utilisation
des biberons
stérilisés à l'oxyde d'éthylène
Prenant connaissance que
des biberons stérilisés à l'oxyde d'ethylène
étaitent utilisés dans les maternités,
il est demandé de prendre toutes les dispositions nécessaires
pour remédier à cette situation.
1 - pour les nouveau-nés
à terme, sans pathologie et ne nécessitant pas
une alimentation stérile, nous vous demandons de substituer
dans les meilleurs délais les biberons stériles
par tout autre biberon, à usage unique ou selon les
habitudes de la maternité, répondant aux conditions
d'asepsie requises pour un nouveau-né et incluant les
nourettes.
2 - pour les nouveau-nés
pris en charge en service de néonatalogie (prématurés)
et pour les nourrissons souffrant de pathologies graves ainsi
que pour l'administration de certains médicaments et
le stockage de lait matrernel, nous avons saisi en urgence
le HautConseil de la santé publique pour qu'il emette
un avis, qui vous sera transmis dans les meilleurs délais,
relatif aux niveaux d'asepsie (bactériologiquement
propre ou stérile) à recommander selon l'état
clinique de l'enfant.
A ce stade, et dans l'attente
de l'avis du Haut Conseil de santé publique, les stocks
de biberons à l'oxyde d'éthylène doive,t
être conservés jusqu'à nouvelle instruction.
Vous voudrez bien nous
transmettre toute difficulté éventuuelle sur
la boîte alerte (alerte@sante.gouv.fr)
Le Directeur Général de la santé, La
Directrice Générale de l’Offre de Soins
21 novembre 2011
Message de la DGOS aux établissements
de santé : approvisionnement biberons, tétines
et téterelles
Approvisionnement
biberons, tétines et téterelles
Mesdames et Messieurs les
directeurs d'établissement de santé,
Suite à la mise en évidence d’approvisionnements
inappropriés de biberons stérilisés à
l’oxyde d’éthylène, je vous demande
de prendre contact à partir de demain, avec vos fournisseurs.
Dans le cadre de la continuité de prise en charge des
nourrissons en maternité, il vous appartient de vous
assurer de disposer de biberons (pré remplis ou non),
tétines et téterelles non stérilisés
à l’oxyde d’éthylène et d’examiner
le cas d’échéant les conditions d’approvisionnement
à cet effet.
Comme précisé dans le communiqué de presse
du ministère publié ce jour, la Direction générale
de la santé indique « qu’en l’état
des connaissances actuellement disponibles, il ne semble pas
que le non suivi par les industriels de la réglementation
puisse avoir des conséquences sanitaires avérées,
compte tenu des durées et des doses d’exposition
».
De plus amples informations vous seront adressées par
voie d’instruction la semaine prochaine. Bien évidement
la DGOS reste en contact avec les fournisseurs et en appui
des établissements en lien avec la DGS et les DG d’ARS
Bien à vous
Annie Podeur - Directrice Générale de l’Offre
de Soins
18 novembre
2011
Afssaps, département des vigilances
- 18 novembre 2011
A l’attention des directeurs d’établissements,
des pharmaciens et des correspondants de matériovigilance,
pour diffusion aux services concernés
Information
concernant les biberons, tétines et téterelles
à usage unique stérilisés à l’oxyde
d’éthylène
L’Afssaps a été
saisie de questions quant à la sécurité
d’utilisation de biberons à usage unique mis
sur le marché après avoir été
stérilisés à l’oxyde d’éthylène.
L’Afssaps rappelle que l’utilisation de l’oxyde
d’éthylène pour la stérilisation
initiale de dispositifs médicaux est courante. Des
normes viennent préciser les conditions de réalisation
et de validation de cette technique, en tenant compte des
dangers liés à l’agent stérilisant.
Les fabricants doivent notamment justifier de dosage de l’oxyde
d’éthylène résiduel, dont les taux
maximum admissibles sont fixés dans la norme.
La stérilisation de biberons mis sur le marché
avec un statut de dispositif médical par ce procédé
fait actuellement l’objet d’une évaluation.
Des réunions entre les autorités de santé
et les fabricants sont prévues ce vendredi 18 novembre
2011.
Nous vous tiendrons informés des
suites données à ce dossier.
Pour toute information, vous pouvez
joindre l’Agence française de sécurité
sanitaire des produits de
santé – département des vigilances
– Tél : 01.55.87.37.78, dedim.ugsv@afssaps.sante.fr,
Fax : 01.55.87.37.02
18
novembre 2011
Infos Ministère
en charge de la santé
Numéro Indigo
0820 03 33 33
(0,12€ TTC la minute)
Questions-réponses
:
biberons, tétines et téterelles stérilisés
à l’oxyde d’éthylène
Qu’est ce
que l’oxyde d’éthylène ?
L’oxyde d’éthylène
est un gaz incolore d’une odeur douceâtre largement
utilisé pour la stérilisation des dispositifs
médicaux. L’oxyde d’éthylène
est classifié comme cancérogène pour
l’Homme. Pour ce type de molécule, selon les
connaissances actuellement disponibles, la dangerosité
est fonction de la durée et de la fréquence
d’exposition.
Usage et règlementation
de l’oxyde d’éthylène :
L’oxyde d’éthylène
est utilisé pour stériliser les dispositifs
médicaux selon des normes précises et réglementées
permettant de contrôler les taux résiduels d’oxyde
d’éthylène sur les produits traités.
La réglementation en vigueur n’autorise pas la
stérilisation par l’oxyde d’éthylène
desmatériaux au contact des aliments, tels que les
biberons, tétines et téterelles.
Y a-t-il un risque
pour mon nourrisson s’il a été en contact
avec des biberons, tétines ou téterelles stérilisés
avec de l’oxyde d’éthylène ?
En l’état
des connaissances actuellement disponibles, il ne semble pas
que l’utilisation de la stérilisation par oxyde
d’éthylène puisse engendrer des conséquences
sanitaires avérées, compte tenu des durées
et des doses d’exposition. L’Agence nationale
de sécurité sanitaire de l’alimentation,
de l’environnement et du travail (Anses) et l’Agence
française de sécurité sanitaire des produits
de santé (Afssaps) réaliseront, avant la fin
de l’année, les études complémentaires
nécessaires.
Quelles mesures
sont mises place ?
Dès la réception
de cette information, le ministère chargé de
la Santé a immédiatement réuni, le 18
novembre, sous l’égide du Directeur général
de la santé, les industriels et les directions et agences
concernés, afin de prendre toutes les dispositions
nécessaires pour remédier à cette situation
:
une information immédiate des établissements
de santé, par la Direction générale de
l’offre de soins, en lien avec les Agences régionales
de santé ;
le déploiement progressif de solutions alternatives
(nourettes, autres biberons à usage unique ou non)
permettant dès que possible le retrait des lots incriminés.
Les industriels s’engagent par ailleurs à mettre
en place immédiatement des cellules dédiées
pour répondre à toutes les demandes des établissements
de santé dont ils sont les fournisseurs. Une antenne
d’appui, sous l’égide de la Direction générale
de l’offre de soins, coordonnera au niveau national
le dispositif, en lien permanent avec les industriels ;
L’Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement et du travail
(Anses) et l’Agence française de sécurité
sanitaire des produits de santé (Afssaps) réaliseront,
quant à elles, avant la fin de l’année,
les études complémentaires nécessaires.
Une enquête IGAS (Inspection générale
des affaires sociales) en lien avec la DGCCRF a été
diligentée pour comprendre comment des dysfonctionnements
ont pu se produire. Cette enquête permettra de savoir
pourquoi les entreprises ont commercialisé des produits
en contact direct avec des denrées alimentaires stérilisés
avec l’oxyde d’éthylène alors même
que cela n’est pas autorisé mais également
pourquoi et comment ces produits ont pu être achetés
par les maternités. Les conclusions de cette enquête
devront être rendues au plus tard à la fin de
cette année. Dans tous les cas, le ministère
chargé de la Santé communiquera en fonction
des nouvelles informations qu’il pourrait avoir ou pour
informer des mesures complémentaires prises sur ce
sujet.
Pourquoi et comment
des biberons stérilisés de façon non
réglementaire avec de l’oxyde d’éthylène
ont-ils été fournis aux maternités ?
La commercialisation, dans les maternités, de ces
biberons, tétines et téterelles, stérilisés
avec de l’oxyde d’éthylène, ne respecte
pas la législation en vigueur. Une enquête IGAS
(Inspection générale des affaires sociales)
en lien avec la DGCCRF a été diligentée
pour comprendre comment des dysfonctionnements ont pu se produire.
Cette enquête permettra de savoir pourquoi les entreprises
ont commercialisé des produits en contact direct avec
des denrées alimentaires stérilisés avec
l’oxyde d’éthylène alors même
que cela n’est pas autorisé mais également
pourquoi et comment ces produits ont pu être achetés
par les maternités. Les conclusions de cette enquête
devront être rendues au plus tard à la fin de
cette année.